Mr. Robot : bienvenue dans la vie d’un hacker

2015. Le visage atypique d’Elliot Alderson fait son apparition sur les écrans. La série américaine Mr. Robot de Sam Esmail commence, entraînant les spectateurs dans un univers qui mélange tous les genres : le drame, le techno-thriller, la satyre sociale, le thriller psychologique…

 

 

Elliot Alderson vit à New-York. En apparence, c’est un jeune informaticien normal, auréolé du cliché du geek asocial, qui travaille pour Allsafe, une entreprise de cyber-sécurité. Cependant, Elliot est aussi et surtout un hacker, qui pirate les comptes des peu de personnes de son entourage pour connaître les moindres détails de leur vie privée. Il est approché par un certain Mr. Robot, qui travaille pour la Fsociety, une société secrète de hacker qui a pour but de s’attaquer à E Corp, une multinationale américaine. Le but de Fsociety : rétablir un monde plus juste, avec une répartition des richesses équitable.

 

Un hacker humain

Tout de suite avec cette série, on est propulsé dans un univers de paranoïa, où la vie privée des personnes n’est finalement qu’une illusion. La première scène montre Elliot s’adresser à un gérant de cyber-café, et lui révéler tout ce qu’il sait de lui, des éléments les plus anodins de sa vie au plus dissimulés : il met en ligne de la pédopornographie. Plus de doute : Elliot n’est pas qu’un employé ordinaire et névrosé. Même si tous les termes dans sa première tirade échappe aux néophytes, elle intrigue et nous montre le hacker sous un jour favorable ; il utilise ici ses talents pour dénoncer un pédophile.

 

Nouvelles technologies, la dette monétaire : des sujets d’actualité dans Mr. Robot

 

 

 

Cette série informe sur les avantages et les dangers des nouvelles technologies. Bien sûr, elles permettent de mieux communiquer, mais elles peuvent nous rendre vulnérables. La facilité déconcertante avec laquelle Elliot s’immisce dans les ordinateurs et les données privées de ses proches peut alarmer. Quand il parvient à craquer des mots de passe trop faibles, les plus craintifs vont se précipiter sur leur ordinateur pour complexifier tous leurs codes. Les dangers des nouvelles technologies sont au cœur des problématiques aujourd’hui, et ceux qui regardent la série peuvent donc s’identifier plus facilement.

Le problème de la dette monétaire et des injustices sociales et économiques sont présents dans la série. Le but de la société secrète rejointe par Elliot étant d’effacer cette dette et de redistribuer les richesses. Dès le début, Elliot nous explique que des personnes qu’on ne connaît pas dirigent le monde, des invisibles qui régulent nos vies. Fsociety n’est d’ailleurs pas sans rappeler Anonymous, de par l’esthétisme de leurs masques et les actions mises en place.

 

Mr. Robot : une série atypique

 

 

Le principe de la voix off est assez récurrent dans les séries. On peut notamment se remémorer la voix de Dexter dans la série du même nom. Mais Mr. Robot parvient à tirer son épingle du jeu d’une autre manière.

Photographie étrange, lumières fluorescentes, des gros plans, beaucoup de flou… La mise en scène de Mr. Robot est singulière. Le réalisateur et créateur, Sam Esmail explique que pour lui, il était logique que la mise en scène soit un peu bancale, au sens où le héros et le monde présentés le sont aussi. D’un point de vue narratif, un flou existe aussi au niveau du genre, le spectateur ne sait jamais trop. Psychologie, thriller, technologie, les frontières sont poreuses. Cette série présente aussi de nombreuses pistes narratives, comme autant de codes à craquer.

 

Rami Malek : l’acteur qui porte la série

Mr. Robot ne serait sans doute rien sans l’acteur principal Rami Malek, qui joue le trouble Elliot Alderson. L’acteur a d’ailleurs été récompensé par l’Emmy Awards du meilleur acteur dans une série dramatique. Et c’est mérité. Son jeu subtil permet de dépasser le cliché du geek agoraphobe, incapable de tisser des liens sociaux autrement que par le hackage. La première voix que l’on entend dans Mr. Robot, c’est la sienne : lente, traînante, dramatique. Le premier visage en gros plan que l’on voit, c’est le sien : apeuré, anxieux, dramatique. Il a dans la voix et dans le visage quelque chose d’hypnotique, comme les lignes de codes qui défilent sans cesse dans la série.

La saison 1 terminée, sur un retournement de situation des plus inattendus, il est temps de voir si la saison 2 sera à la hauteur et tiendra ses promesses.

Plus d’informations sur la série à cette adresse : http://www.allocine.fr/series/ficheserie_gen_cserie=17966.html

Et dans le même genre, n’hésitez pas à lire Neuromancien de William Gibson : https://digitinov.online/2019/04/04/neuromancien-quand-la-realite-rattrape-la-science-fiction/

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